mercredi 8 janvier 2020

Rencontres, glandouille et cyclisme en ligne

Ces derniers jours, j’ai l’impression d’avoir du temps devant moi alors je me pose un peu plus que jusqu’à présent, en restant dans les villes coloniales qui se succèdent. Je suis à Queretaro, au nord-ouest de Mexico Ciudad, qui montre peu à peu ses griffes autoroutières. Hier, pour arriver ici où il n’y a qu’un million d’habitants j’étais sur une 2 X 3 voies dans mon sens, la même chose en face. Heureusement les gens font attention, franchement je trouve la conduite mexicaine plutôt très sûre... bien plus cool qu’en France en tout cas. 
 
Bon, ça n’empêche pas que quand tu fais 195 km d’affilé d’axe routier incontournable, en traversant de villes industrielles comme León, le bruit permanent et la vigilance accrue te font relativiser le plaisir du cyclisme. Alors tu avances comme un abruti tête baissée toute la journée pour te débarrasser au plus vite de ce mauvais moment. 



Je découvre les premières grandes villes du voyage. Ça a commencé par Zacatecas d’où je vous écrivais la dernière fois. J’y ai rencontré des gens super, comme Emilio au bar en regardant, accompagnés de litres de bières puisque ça s’est fini aux tirs aux but, la finale du championnat national de foot, ou encore Lalo, qui a embarqué ma lessive chez lui pour me la ramener le lendemain alors qu’on se connaissait pas 5 minutes avant. 

Ensuite il y a eu la grande Aguascalientes, près d’un million d’habitants. Personne ne me conseillait de visiter cette ville mais je ne sais pas pourquoi je m’étais dit les jours précédents que passer le nouvel an par là serait sympa. 
J’y ai rencontré Miguel, Mike pour les intimes.



J’arrivais pour une ou deux nuits, je suis finalement resté 4 jours. Mike a un magasin de vélo et il milite pour la place des cyclistes dans cette ville où il y a déjà historiquement une grande énergie autour des déplacements à bicyclette. 





Ces journées furent délicieuses, j’ai rencontré beaucoup de ses amis, glané des infos sur les routes et les jolis coins, fait des réglages au vélo, déambulé en ville, etc. 



Tous les mardi soirs, certains boulevards de la ville sont fermés aux voitures et il se passe ça :



On a été se balader dans un coin où il y a des falaises d’escalade. La météo était exactement comme un premier de l’an en Europe, ciel froid et bas. 





J’ai profité de la rencontre avec Fabiola la généreuse haute-couturière pour alléger encore mon bagage, du style en coupant ma serviette en deux ou des maniaqueries de ce genre pour gagner 3,5 grammes. 



Je m’allège au fur et à mesure du voyage, laissant des affaires au bénéfice des rencontres. On en prend toujours trop, même quand on pense être au minima. Ça s’est bien goupillé avec Mike qui a récupéré des vêtements qui vont ainsi descendre deux fois la Basse Californie car il s’apprête à faire ce voyage dans deux semaines avec Jesus. Il a aussi récupéré ma carte avec pleins d’annotations et on a beaucoup échangé sur l’équipement d’un vélo car c’est leur premier long voyage. 



Depuis je suis plutôt en mode touriste avec de temps en temps une transition vélo plus ou moins longue mais sans grand plaisir sur ces axes très fréquentés. Il existe finalement dans ce coin peu de petites routes intermédiaires mais d’ici les portes de Mexico je devrais en trouver plus.

Guanajuato m’a fait l’effet d’une ville en 3D. Des routes pavées parfois ouvertes sur le ciel au travers de grandes arcades passent sous la ville. Elle attire beaucoup de touristes mexicains et l’ambiance est chaleureuse, musicale et festive. 







La transition vers San Miguel de Allende par une petite route se faufilant dans les collines m’a réconcilié avec le cyclisme. C’est une ville devenue prisée des américains à la retraite. Jolie, propre, rien qui dépasse. 



Avant de prendre demain le chemin de Mexico un peu plus fermement, à vrai dire je crois que je recule un peu devant l’obstacle, je suis posé à Queretaro, autre ville coloniale où les cathédrales et églises ne manquent pas. Je reste toujours pantois devant la puissance de l’évangélisation. 





Tout ceci laisse aussi du temps pour les rencontres au travers des hébergements collectifs que je fréquente, où il y a surtout des mexicains en voyage dans leur pays. La musique est omniprésente et je ne rencontre que des gens bienveillants, prêts à aider et intéressés ou surpris par ce voyage. On me dit souvent qu’il y a un cycliste voyageur qui est passé par là, la plupart du temps ça remonte à un mois ou deux ou à l’année précédente. 

À Queretaro aussi on fait du vélo et le père Noël a l’air généreux !