dimanche 29 décembre 2019

Tropico de Cancer

Quelques rebondissements depuis mon dernier post, avec des tracas administratifs et un itinéraire un peu alambiqué mais j’ai fini par retomber sur mes pattes et viens même de franchir le Tropique du Cancer.



Je vous écris depuis la belle ville de Zacatecas aux multiples églises et cathédrales. Ici il y a même des bars, ça faisait longtemps que je n’en avais pas vu.








En entrant dans le pays à Tijuana, bien qu’affublé d’un vélo et ayant souligné que j’allais passer environ 2 mois au Mexique, l’officier m’a fait par défaut une « carte touristique » de 7 jours seulement et non de 180 comme c’est l’usage. Je m’en suis aperçu quelques minutes plus tard, suis ressorti aux USA pour repasser la frontière et faire modifier ça. Le monsieur m’a dit qu’il ne pouvait plus le faire le jour même car c’était consigné dans la machine mais que je trouverai un « Institut National de Inmigración » dans n’importe quelle ville sur mon chemin et que c’était très facile à faire modifier. Je n’ai pas insisté. A tort car je me suis peu à peu aperçu que l’information était fausse car le prochain Instituto était tout en bas de la Basse Californie, à La Paz, 3 semaines plus loin... Ce qui m’a peu à peu mis la pression car on me disait quand j’en parlais que sans cette carte à jour je ne pourrais pas prendre le ferry pour le continent. 

J’ai donc un peu foncé sur la fin pour arriver en semaine et avant la fermeture horaire des bureaux. Mes cuisses se sont souvenues pendant quelques jours des 110 derniers kilomètres face à un vent rebelle pour tenter d’arriver avant 13h, ce que j’ai fini par réussir en me pointant directement la gueule enfarinée avec mes sacoches et mon vélo, imaginant que ma régularisation serait simple.

Cela ne s’est pas du tout passé comme je le pensais... Les bureaux fermant le lendemain pour 15 jours, la procédure pouvait prendre plus d’un mois moyennant un montage de dossier compliqué et j’étais aussi redevable d’une amende. J’ai senti que la dame qui s’occupait de mon cas prenait un pied terrible à me voir me décomposer sur place. Après tout, ce n’est que juste revanche sur la manière dont nos états traitent les migrants, sauf que moi je ne suis là qu’en vacances et pour le plaisir, avec des moyens pour dormir au chaud et temporiser donc j’ai un peu relativisé.

L’autre solution était de remonter à Tijuana en bus (48h aller-retour) pour sortir du pays et y entrer à nouveau. J’ai connu un petit passage à vide ce jour-là, d’autant plus que concernant les ferries pour traverser sur le continent, aucun billet pour Mazatlan n’était disponible avant 2 semaines. 

La nuit portant conseil et souffrant de plus en plus en vieillissant de phobie administrative, je décide de passer outre cette affaire de papiers et me rends au port pour m’inscrire sur une liste d’attente au cas où une place se libèrerait sur un bateau, qu’importe que ce soit pour Las Mochis situé 400 km plus au nord, ou Mazatlan, dans la bonne direction au sud. Ce fut toute une journée de glande mais un sacré bon moment car petit à petit s’est formé un grumeau de cyclistes en rade, source d’une belle énergie car en croiser est très rare (4 en 1 mois). 





David du Colorado, rencontré la veille. Nous avions fait un bout de chemin ensemble le matin avant que je fonce sur La Paz pour cette histoire de papiers puis nous nous sommes retrouvés le soir. Il descend aussi jusqu’au Panama. C’est son second voyage au Mexique, le premier date d’une trentaine d’année. Il s’était alors fait volé son vélo une nuit alors qu’il dormait juste à côté dans son duvet en forêt. J’en conclue que cet homme récupère bien la nuit. J’ai beaucoup apprécié David, parti directement de chez lui il y a quelques semaines, la soixantaine rugissante, avec son petit panneau militant contre les guerres du pétrole à l’arrière. J’espère que nous allons nous revoir par là. 





Sven, allemand, mène sa route de l’Alaska jusqu’à la Terre de Feu. Il a déjà rallié la Chine depuis l’Europe entre autres voyages au long cours. Il a le même vélo depuis 25 ans. Pour écarter les voitures il a un long tube en mousse qui flotte au vent. Au milieu de la Basse Californie, il a récupéré un jeune chat perdu. Installé dans un panier accroché au guidon, le chat rythme les journées de Sven car il faut s’arrêter de temps en même pour l’occuper. Le chat est très discret quand il faut l’être, il a pris le ferry avec nous sans que personne ne s’aperçoive de sa présence. 







Un peu plus tard sont arrivés les suisses Aurélia et Tom. Nous avons avec regret eu moins de temps pour discuter. Ils mettent de jolies photos sur Instagram sous le nom : trittweit. Ils sont partis d’Alaska et comptent s'arreter... quand ils en auront marre, donc pas de suite.

C’est donc avec Sven que nous avons finalement attrapé en fin de journée un ferry de transport de marchandise prenant parfois quelques passagers. Ce sera donc Las Mochis pour nous, les autres préférant attendre quelques jours qu’une solution se présente pour Mazatlan. 

Par chance, malgré les multiples contrôles pour embarquer, on m’a demandé mon passeport mais jamais ma carte touristique. Je continue donc le voyage comme ça et je verrai bien ce qu’il se passera à la frontière du Guatemala. 



Se retrouver ainsi plus au nord m’allait bien car c’était l’occasion de passer en pays Tarahumara, au cœur de la Sierra Madre. J’avais été fasciné par ce peuple de coureurs à la lecture du livre « Born to Run » de Christopher Mc Dougall (Guérin). 

Il y explique que ces indiens ont toujours fuit l’envahisseur plutôt que le combattre, en se retranchant dans les montagnes autour du Barranco del Cobre, Cooper Canyon pour les anglophones. Ils sont capables de courir quotidiennement d’énormes distances munis de simples sandales. Dans les années 70, un journaliste américain avait fini par pouvoir en rencontrer quelques uns malgré tous les dangers pour pénétrer dans cette région tenue par les trafiquants. Il avait réussi à les faire venir dans le Montana pour participer à ce qui devait être un des premiers ultra-trail de l’histoire. 

Pour rejoindre Cooper Canyon et la région de Creel depuis El Fuerte au nord de Las Mochis, je n’ai jamais réussi à avoir des infos fiables sur l’état des pistes, adaptées ou pas à mon vélo de gravel avec des pneus pas bien larges, ni sur l’autonomie nécessaire, ni sur le bien fondé de se balader dans ce coin où le traffic de drogue est légion et où les mines d’or, de cobalt et de cuivre fleurissent, ainsi que les armes qui vont avec comme me l’a expliqué plus tard Mariano. Ce dernier venait de réaliser la trajet en 4x4 en 12h non-stop et il m’a dit que les pistes étaient  pierreuses par endroits, qu’il n’y avait pas d’eau ni de village sur ce qui doit représenter 4 jours de vélo (avec 8000 m de dénivelé positif et négatif !).

Prudemment, j’opte pour le compromis que j’avais déjà imaginé, prendre le train El Chepe pour cette section et en descendre à Bahuichivo situé à une centaine de kilomètres de Creel, principal village de la région, que je pourrais rejoindre par la route, l’asphalte pénétrant peu à peu toujours plus loin dans les montagnes. Sven, lui, a décidé de tenter sa chance intégralement en vélo, accompagné de son chat. Il en a vu d’autres. Pour le moment, je n’ai pas de nouvelles. 



Pour ma part, je passe une première nuit à Cerocahui, petit village de bout du monde. En arrivant, je demande à quelqu’un s’il y a un coin pour mettre ma tente. Mariano me trouve un plan dans l’école et nous passons finalement la soirée et un bout de matinée ensemble.



Mariano a la bonne soixantaine. Il est né ici mais il vit dans l’Oregon aux USA où il est entrepreneur. Avec sa femme ils sont revenus au pays pour les fêtes de fin d’année. Nous parlons un peu de ce qui a changé ici. Petit, il se déplaçait à cheval, la route la plus proche arrivait à Creel. Au petit déjeuner, il me fait goûter toutes sortes de choses que la nature offre localement. Fruits et légumes dont j’aurais du noter le nom. Mais aussi des remèdes médicinaux quotidiens comme ce qu’il appelle en espagnol une víbora (vipère) mais qui en fait vue la taille des segments mis bout à bout est plutôt un serpent à sonnette. On en extrait les entrailles puis on fait sécher la carapace au four. Cela donne un texture de bois dont on arrache des petits morceaux que l’on mange. C’est assez fort, bon et c’est censé prévenir ou guérir le cancer. En tout cas dans le coin les centenaires sont nombreux. Tous les matins Mariano se fait aussi une infusion de marijuana contenant très peu de THC pour soigner son estomac. 

Nous nous quittons à regret et je prends le chemin du Barranco de Cobre. Il fait froid, le ciel est tourmenté. Le relief est chaotique. Je n’ai jamais trouvé le cyclisme si difficile tant les pentes sont aussi brèves qu’abruptes, les ruptures de rythmes incessantes. Tout au long de la route depuis que je suis descendu du train, je remarque qu’il ne reste dans les forêts qui recouvrent l’ensemble du relief à cette altitude (autour de 2500 m) que des résineux. Le sol est vierge, il ne reste nulle part une brindille de bois mort à récupérer.







Fréquemment des Tarahumaras sortent des forêts, attendant le passage d’une voiture pour se rendre quelque part. On ne répond pas à mes buenos días ni à mes petits signes de main. On s’arrange pour ne pas me voir et si on lève la tête c’est pour m’adresser un regard hostile. Plus tard j’arrive là où la route passe en bordure du Cooper Canyon, vaste enchevêtrement de vallées finissant par s’unir 1500 m plus bas. On aperçoit de nombreux sentiers passant dans des endroits improbables, témoignage d’une vie intense dans les endroits les plus reculés.





Ici, on a construit il y a quelques années un parc d’attraction, des tyroliennes dont une de 2 km qui traversent les montagnes, un téléphérique, un mur d’escalade, un petit train, un mini-golf, une via ferrata, etc. Les tour-operators y emmènent les touristes depuis les villes périphériques, les logeant dans les hôtels de luxe qui ont fleuri. 

Je comprends mieux les visages fermés que je rencontre. La vie est trop dure, il n’y a plus de bois, les gens ont froid et faim, le tourisme ne profite qu’à une poignée. 

En demandant sur la pointe des pieds, on me donne la permission de poser ma tente dans un coin. Pour moi ce sera un bivouac de luxe, juste au bord des parois du canyon, sous les pins qui me protègent des températures hivernales. 



Le lendemain à Creel, soir de réveillon de Noël, je rencontre, en allant manger au seul petit resto local ouvert, un couple d’américains baroudeurs, lui photographe et caméraman, elle archéologue. Des enfants rentrent régulièrement dans le resto pour demander de la nourriture. Dakshina, qui a souvent voyagé dans différentes régions du Mexique, dit que c’est la première fois qu’elle voit ça. 

Je me couche le cœur lourd. Je pense continuer ma route par 4 journées de montagnes me faisant reprendre la direction du sud car mine de rien, je suis remonté de 600 km au nord (à vol d’oiseau) par rapport à mon itinéraire original si j’avais eu un ferry pour Mazatlan. En cherchant des infos sur un village où je dois passer, je tombe sur un article de journal récent faisant état de rackets fréquents. Difficile de savoir le vrai du faux car finalement ici à chaque fois qu’on dit va quelque part, il y a toujours quelqu’un pour dire qu’il ne faut surtout pas y aller ou que c’est dangereux. 

Cependant, ceci couplé à un vent furax qui souffle toute la nuit parmi les trombes d’eau qui s’abattent sur la région, je ne dors pas très bien en pensant à ce qui m’attend. Au petit matin les températures sont glaciales, ce vent est annoncé pour plusieurs jours.



Je décide de jeter l’éponge, plus rien ne me dit que suis bienvenu ici. Ni la météo, ni les gens, qui voient leur ressources disparaître à cause du tourisme, dont  je suis moi-même acteur. Je saute par chance dans un bus pour Chihuahua puis un autre de nuit pour Durango, là où devait passer plus directement mon voyage à l’origine. 



Depuis, les paysages sont magnifiques, terres agricoles rouges et fertiles, ciels sans fin, températures clémentes, sauf la nuit car mine de rien nous sommes à 2500 m. Les véhicules me saluent et quand je m’arrête il y a toujours quelqu’un qui vient me poser des questions sur mon voyage. J’ai même parlé des blondes d’Aquitaine avec un vacher, qui les connait très bien ! 





J’ai fait escale par hasard, à force de toujours continuer encore un petit peu jusqu’au village suivant tellement c’est agréable, à Sombrerete, petite bourgade où il a l’air de faire bon vivre. Comme dans la plupart des centre-villes historiques du pays, d’après ce que j’ai compris, les enseignes publicitaires sont proscrites et les noms des commerces sont peints en noir directement sur les façades avec de jolies polices de caractère.











Hier pour arriver à Zacatecas, j’ai fait la course contre un ciel d’encre qui se rapprochait et c’est moi qui ai gagné. 



Sinon, j’ai changé de prénom au passage, je m’appelle désormais Antonio parce ce que Rémi, que ce soit pour les mexicains ou les anglophones, personne n’arrive à la prononcer ni à le retenir, ni à l’écrire. Donc Antonio il va remonter sur son petit vélo pour probablement fêter la nouvelle année à Aguascalientes. 

Et d’ici là et bien... bonne année tout le monde.


lundi 16 décembre 2019

Escale à Adolfo López Mateos

Journée paisible à Adolfo López Mateos, petit village sur la côte pacifique.



Ces derniers jours, j’ai pas mal roulé, jusqu’à 160 km hier. Souvent j’avance de manière assez sportive sans trop m’arrêter, ce qui me permet d’arriver assez tôt à destination et d’en profiter pour l’après-midi ou le contraire en repartant tard le lendemain. Un parcours fréquemment fait de lignes droites assez interminables, jusqu’à 80 km dans la même direction, avec parfois un bon petit vent turbulent de face. Si tu te dis que tu t’arrêtes faire pipi au prochain virage, il faut une bonne vessie. 





J’ai d’abord fait une escale à San Ignacio, connue pour sa petite place tranquille et son église.





Anecdote du jour pour arriver là : sur une de ces lignes droites, j’ai croisé une voiture noire, vitres teintées, roulant à 150 km/h au moins et de laquelle sortait de la fenêtre arrière un gros doigt d’honneur bien senti à mon égard. Pas très rassurant sur une route à la circulation sporadique. J’ai regardé un petit moment dans le rétroviseur ensuite...

En parlant de la route, j’apprécie le respect des voitures et camions mexicains qui souvent s’écartent franchement pour doubler et adressent parfois un petit signe amical quand on se croise. Il y a toujours l’exception qui confirme la règle mais pour le moment je stresse plus quand je roule entre Arudy et Laruns... Les chauffeurs de bus par contre semblent se faire un honneur de mettre tout le monde en danger, ça doit être ça avoir des grosses pelotas !

Il semble quand même que souvent ça se finisse mal sur ces routes, surtout pour les camions. Il est très fréquent de voir à la sortie des virages tout un chargement en contrebas et le chemin est émaillé de petites chapelles en souvenir. Celle-ci en est une de luxe :



Finalement, les plus pressés, les moins respectueux et ceux qui passent le plus vite et le plus près des sacoches, ce sont les américains en vacances, du haut de leurs énormes véhicules avec les planches de surf sur le toit. 

J’ai bien aimé le village de Santa Rosalía et ses maisons particulières. Avant d’arriver ici les gens me disaient que les habitations y étaient de style français. Ce n’est pas tout à fait ce que j’ai pu constaté même s’il y a des similitudes avec les maisons coloniales de Martinique ou de Guadeloupe. Une compagnie minière française s’est installée ici en 1885 pour extraire le cuivre (l’exploitation, devenue coréenne entre temps, continue) mais concernant les maisons, le tenancier d’un café me disait que plus probablement, c’est un village entier de Californie qui a été démonté puis remonté ici pour y loger les ouvriers. 











J’ai ensuite poursuivi mon chemin jusqu’à Mulegé sur les rives du Golfe de Californie.





Pour me rendre compte que tout ce coin jusqu’à Loreto est une destination privilégiée des américains. Les camping sont plutôt des parkings à énormes camping-car, certains arrivant avec un véritable bus + un 4x4 accroché derrière qui doit faire trois fois la taille de ma voiture + le quad ou une sorte de dragster + la moto + le chien (souvent un chihuahua, ça doit faire local) + la femme en robe de chambre.

Un soir j’ai dormi dans un coin paradisiaque (Playa de Requeson) au bord de la Baie de Concepción. Un coin où pour quelques pesos tu peux poser ta tente à l’abris du vent à 5 m de l’eau.







Contrairement aux plages précédentes, ça paraissait très tranquille, avec juste 3 ou 4 camping-car installés. Mais à 6h du matin, pour fêter le lever du jour, mes voisins font tourner leur moteur une bonne demi-heure, puis se mettent à parler si fort que tout le Mexique doit être au courant, de la nuit de leur chien et de son joli caca du matin, du procès en divorce que leur fille est entrain de gagner, des incroyables capacités de leur véhicule, de leur vie « so amazing » et se congratulent mutuellement de l’exotisme de ce voyage chez les ploucs. Cela fait, l’un d’eux poursuit en faisant voler son drone au-dessus du camp et lorsque vient une douce et entraînante musique mexicaine depuis l’autre côté de la lagune, il allume sa télé à fond et le reportage sur l’insécurité qui s’y diffuse pour couvrir ce bruit local gênant. 

J’ai mieux compris ainsi ce d’honneur qui m’avait été adressé gratuitement quelques jours avant en tant que gringo et après un bref après-midi à Loreto colonisé aussi par ce type de tourisme, le terrain de golf en plus, j’ai poursuivi mon chemin aussi vite que possible jusqu’ici.



Adolfo López Mateos est un endroit où l’on peut observer les baleines, mais elles n’arrivent que dans un mois. Bon je sais, je vois pas de baleines c’est ballot mais je suis tranquille, je bois des cafés avec les gens qui préparent la saison et je regarde les oiseaux. 









Ah oui, et aussi les tarentules, j’ai ai vu deux hier sur la route en arrivant. Elles avaient l’air paisibles. 



Sinon une des particularités du pays c’est que les vaches se déplacent avec des chaussures et que les pélicans font du bateau. 





Pour la suite, je devais être à La Paz en 2 ou 3 jours, d’où je compte prendre le ferry pour rejoindre « le continent », soit Los Mochis au nord pour continuer par la région montagneuse du Barranco del Cobre, soit Mazatlán plus au sud, le problème étant qu’avec les fêtes de Noël, il va peut être falloir que je sois patient car les bateaux ont l’air d’être pleins pour longtemps.

A bientôt