lundi 16 décembre 2019

Escale à Adolfo López Mateos

Journée paisible à Adolfo López Mateos, petit village sur la côte pacifique.



Ces derniers jours, j’ai pas mal roulé, jusqu’à 160 km hier. Souvent j’avance de manière assez sportive sans trop m’arrêter, ce qui me permet d’arriver assez tôt à destination et d’en profiter pour l’après-midi ou le contraire en repartant tard le lendemain. Un parcours fréquemment fait de lignes droites assez interminables, jusqu’à 80 km dans la même direction, avec parfois un bon petit vent turbulent de face. Si tu te dis que tu t’arrêtes faire pipi au prochain virage, il faut une bonne vessie. 





J’ai d’abord fait une escale à San Ignacio, connue pour sa petite place tranquille et son église.





Anecdote du jour pour arriver là : sur une de ces lignes droites, j’ai croisé une voiture noire, vitres teintées, roulant à 150 km/h au moins et de laquelle sortait de la fenêtre arrière un gros doigt d’honneur bien senti à mon égard. Pas très rassurant sur une route à la circulation sporadique. J’ai regardé un petit moment dans le rétroviseur ensuite...

En parlant de la route, j’apprécie le respect des voitures et camions mexicains qui souvent s’écartent franchement pour doubler et adressent parfois un petit signe amical quand on se croise. Il y a toujours l’exception qui confirme la règle mais pour le moment je stresse plus quand je roule entre Arudy et Laruns... Les chauffeurs de bus par contre semblent se faire un honneur de mettre tout le monde en danger, ça doit être ça avoir des grosses pelotas !

Il semble quand même que souvent ça se finisse mal sur ces routes, surtout pour les camions. Il est très fréquent de voir à la sortie des virages tout un chargement en contrebas et le chemin est émaillé de petites chapelles en souvenir. Celle-ci en est une de luxe :



Finalement, les plus pressés, les moins respectueux et ceux qui passent le plus vite et le plus près des sacoches, ce sont les américains en vacances, du haut de leurs énormes véhicules avec les planches de surf sur le toit. 

J’ai bien aimé le village de Santa Rosalía et ses maisons particulières. Avant d’arriver ici les gens me disaient que les habitations y étaient de style français. Ce n’est pas tout à fait ce que j’ai pu constaté même s’il y a des similitudes avec les maisons coloniales de Martinique ou de Guadeloupe. Une compagnie minière française s’est installée ici en 1885 pour extraire le cuivre (l’exploitation, devenue coréenne entre temps, continue) mais concernant les maisons, le tenancier d’un café me disait que plus probablement, c’est un village entier de Californie qui a été démonté puis remonté ici pour y loger les ouvriers. 











J’ai ensuite poursuivi mon chemin jusqu’à Mulegé sur les rives du Golfe de Californie.





Pour me rendre compte que tout ce coin jusqu’à Loreto est une destination privilégiée des américains. Les camping sont plutôt des parkings à énormes camping-car, certains arrivant avec un véritable bus + un 4x4 accroché derrière qui doit faire trois fois la taille de ma voiture + le quad ou une sorte de dragster + la moto + le chien (souvent un chihuahua, ça doit faire local) + la femme en robe de chambre.

Un soir j’ai dormi dans un coin paradisiaque (Playa de Requeson) au bord de la Baie de Concepción. Un coin où pour quelques pesos tu peux poser ta tente à l’abris du vent à 5 m de l’eau.







Contrairement aux plages précédentes, ça paraissait très tranquille, avec juste 3 ou 4 camping-car installés. Mais à 6h du matin, pour fêter le lever du jour, mes voisins font tourner leur moteur une bonne demi-heure, puis se mettent à parler si fort que tout le Mexique doit être au courant, de la nuit de leur chien et de son joli caca du matin, du procès en divorce que leur fille est entrain de gagner, des incroyables capacités de leur véhicule, de leur vie « so amazing » et se congratulent mutuellement de l’exotisme de ce voyage chez les ploucs. Cela fait, l’un d’eux poursuit en faisant voler son drone au-dessus du camp et lorsque vient une douce et entraînante musique mexicaine depuis l’autre côté de la lagune, il allume sa télé à fond et le reportage sur l’insécurité qui s’y diffuse pour couvrir ce bruit local gênant. 

J’ai mieux compris ainsi ce d’honneur qui m’avait été adressé gratuitement quelques jours avant en tant que gringo et après un bref après-midi à Loreto colonisé aussi par ce type de tourisme, le terrain de golf en plus, j’ai poursuivi mon chemin aussi vite que possible jusqu’ici.



Adolfo López Mateos est un endroit où l’on peut observer les baleines, mais elles n’arrivent que dans un mois. Bon je sais, je vois pas de baleines c’est ballot mais je suis tranquille, je bois des cafés avec les gens qui préparent la saison et je regarde les oiseaux. 









Ah oui, et aussi les tarentules, j’ai ai vu deux hier sur la route en arrivant. Elles avaient l’air paisibles. 



Sinon une des particularités du pays c’est que les vaches se déplacent avec des chaussures et que les pélicans font du bateau. 





Pour la suite, je devais être à La Paz en 2 ou 3 jours, d’où je compte prendre le ferry pour rejoindre « le continent », soit Los Mochis au nord pour continuer par la région montagneuse du Barranco del Cobre, soit Mazatlán plus au sud, le problème étant qu’avec les fêtes de Noël, il va peut être falloir que je sois patient car les bateaux ont l’air d’être pleins pour longtemps.

A bientôt