jeudi 13 février 2020

Tráficofobia



Je voulais voir la jungle alors je
suis monté au nord du Guatemala en sortant du Mexique plutôt que de passer plus directement par le lac Atitlán.

Le style de détour qui te rajoute 700 bornes et à force d’en faire je me suis demandé si j’allais pas être à la bourre.

Ces 10 derniers jours, j’ai donc avancé sévère, traversant du nord au sud le Guatemala, puis la côte salvadorienne et le Honduras en longeant le golfe de Fonseca pour me retrouver à León au Nicaragua où j’ai besoin d’un peu de repos et où les gens dansent bien... même pas tu joues quand tu sais faire que comme si t’étais Angus Young avec sa guitare. 



J’ai donc pédalé. Le passage au Guatemala m’a fasciné. Le pays où les gens s’encombrent pas avec des conneries. Des sourires, de l’amour, des femmes bien dans leur corps quelqu’il soit, une sensualité à fleur de peau. Faut dire qu’en vélo, tu en vois des fesses toute la journée se dandiner au bord de la route ou quand des couples se serrant amoureusement te doublent en moto. Je n’ai fait que camper chez des gens, dans les stations service et j’ai jamais pu offrir une bière, tout en finissant passablement éméché parfois sans avoir encore posé le bivouac. 



Contraste saisissant avec la conduite où j’ai senti une agressivité sans nom, fini au fossé deux fois sur l’axe principal du pays qui relie un des deux ports à la capitale. Ce jour-là, je me suis réfugié complètement secoué dans un petit village au bord du lac Izabal. Ma bonne étoile veillant, j’y ai rencontré la seule personne qui se baignait aussi. Le lendemain, il emmenait sa vieille maman chez le médecin 100 km plus loin, exactement au point où je devais quitter cet axe infernal. Je n’ai pas refusé sa proposition de m’embarquer avec mon vélo, trouvant tout cela bien plus dangereux que d’évoluer sans corde dans la face nord des Grandes Jorasses ou de sortir la nappe à pic-nic sous les séracs de l’Envers du Mont Blanc. 

Au Salvador et au Honduras, c’était différent. Pas d’agressivité mais le cycliste est invisible, il ne fait pas partie du plan de circulation, à lui de jongler avec ça. Attention de tous les instants et c’est toujours le plus gros qui gagne. J’ai fini des journées épuisé non par le kilométrage conséquent mais par le stress, développant une haine de tout ce qui a un moteur, courbant l’échine en ne regardant plus que droit devant. Le code de la route semble consister à se mettre sur le pare-brise une bande autocollante “Dieu est amour” ou “Jésus nous sauvera” ou “Ne te rends jamais” puis de rouler à fond en klaxonnant pour que les autres se poussent.

Au Salvador, j’ai croisé un dimanche des cyclistes sportifs. Ils étaient scrupuleusement encadrés par des voitures qui les protégeaient du reste de la circulation. 

Il était temps de me poser là, j’allais devenir dingue. Ça me fait marrer parce que je fais du sport toute la journée et le soir je saute sur des clopes et des bières pour décompresser. Le truc complètement improductif. 


Dessins d’Olivier Dautais 

Maintenant je me sens un peu moins à la bourre alors je vais voir comment je fais pour finir. Je n’exclue pas de prendre le bus pour sauter les sections dangereuses et de ne faire du vélo que dans les endroits sympas, histoire de finir ces vacances... par des vacances. 
Le reste en images... 

Camping de luxe à Yaxha au nord du Guatemala 


Site Maya de Yaxha 


Un tour dans la jungle au site archéologique perdu de Nakum 












Le cri des singes hurleurs quand il leur faut une nana


Singes araignées

Dans la jungle de pas oublier ce redoutable produit anti-moustiques qui consiste à se mettre du produit à nettoyer les WC sur le corps 


Campagnes au Guatemala 








Bivouac 5 étoiles en station service


Arrivée à Rio Dulce où la Mer des Caraïbes rentre dans les terres




Crevaison de luxe pile sur le pont de la Mer des Caraïbes (la seconde en 6500 km, merci Schwalbe on va pas se plaindre)




Pas trop dur de trouver le trou bien que j’ai failli sortir mes lunettes de lecture


Au lac Izabal


Trop fastoche le cyclisme


Petite revanche sur les camions à la frontière du Salvador


Épicerie de bord de route au Salvador. L’atmosphère se tend 


Ambiance à Santa Ana au Salvador




En montant dormir en haut du Cerro Verde


Belle rencontre face au volcan Izalco avec un salvadorien aussi pelé que moi qui me proposait son peigne


Bivouac humide au Cerro Verde


Le lac Coatepeque


Côte salvadorienne du Pacifique




Río Lempa au Salvador


Le volcan de San Miguel 


Coup de mou


Se retaper avant de sortir du Salvador 


Frontière Salvador - Honduras 


Arrivée à Choluteca au Honduras


Bivouac chez les pompiers au Honduras




Frontière Honduras - Nicaragua




Sur la route de León, Nicaragua 


Volcan San Cristobal 


León. Ici c’est bien, au marché toutes les vendeuses m’appellent « mi amor ». Par contre je comprends pas, elles disent ça à tout le monde, sont gonflées quand même, elles ont de la chance que je sois pas jaloux








Les jolies cartes et mots que m’envoient les élèves du collège de Mexico. Je vous réponds bientôt ! 










Et je suis là...